Un exemple de « banjo classique » – style en vogue aux États-Unis et en Angleterre du dernier quart du 19ème siècle à la première guerre mondiale, et complètement ignoré par nos disquaires – nous remettra en mémoire que le banjo moderne est directement issu de cette mode. Le banjo, d’origine populaire, a été détourné de sa vocation première, pour finalement y retourner durablement depuis le folk revival. Il suffit de consulter la liste des luthiers contemporains, publiée sur le sitewww.banjohangout.com , pour se rendre compte que le banjo à cinq cordes reste bien présent aux USA. Son histoire, depuis ses origines africaines, est surprenante.

A propos de cette aventure musicale, une conférence annuelle rassemble un groupe de chercheurs et d’amateurs passionnés. Cette initiative a démarré il y a une quinzaine d’année sous l’impulsion de grands collectionneurs: Peter Szego, Hank Schwartz et James Bollman ( issu de la famille du célèbre chapelier de Boston). La Banjo Collector’s Gathering se réunit une fois par an dans un cadre significatif, chargé de souvenirs historiques, banjoïstiques : Philadelphie, Washington (j’ai eu la chance en 2005 d’y rencontrer un des descendants de Joël Sweeney, le premier banjoiste blanc…), Nashville…. et en 2012 au campus du Ferrum College en Virginie. Ces échanges ont beaucoup fait progresser la « science » de l’histoire du banjo.

Le programme de cette dernière édition a été mené par quelques éminentes personnalités. On n’y trouvera malheureusement plus Mike Seeger. Les présentations et débats furent menés par :
– l’historien Elias Kaufman, éditeur de la revue The Five Stringer , qui a présenté l’actualité de la fameuse collection Tsumura, actuellement confiée au Hamamatsu Museum au Japon.
– Bob Carlin, Fred Oster et Alexia Smith, ont offert unaperçu de la collection du regretté Mike Seeger (1933-2009).
– les luthiers Pete Ross et George Wunderlich (voir A,Banjo Frolic), qui ont fait des recherches à propos des banjos primitifs et des premiers banjos utilisés dans le cadre du minstrel show, avant la terrible guerre civile.
– une présentation des banjos de Kyle Creed est tombée à point au Blue Ridge Institute de Ferrum VA, qui conserve d’importantes collections d’archives, d’enregistrements et de banjos traditionnels anciens, dont un ensemble de home made mountain banjos.
– d’autres personnalités furent attendues, telle que Mike Holmes (éditeur de la revue Mugwumps) et Cecilia Conway (femme de feu Tommy Thompson, membre fondateur du Hollow Rock String Band et des Red Clay Ramblers), connue pour ses recherches sur les origines africaines du banjo, dont les publications académiques sont des références incontournable. On peut rappeler la musique traditionnelle est abondamment documentée par des études universitaires.

Gérard De Smaele à la “Banjoree”, la rencontreeuropéenne des banjoîstes à cinq cordes. Animation de l’atelier banjo old time, Allemagne, 2007

Les organisateurs ont aussi pensé à inviter quelques luthiers contemporains (tels Kevin Enoch, George Wunderlich, Doug Unger, Pete Ross…), mais aussi à,rassembler un ensemble unique de banjos fabriqués par Boucher.

L’actualité récente est assez chargée : disparition de Mike Seeger, de Earl Scruggs, et de Doc Watson , parution du livre de Stephen Wade, de notre compatriote Etienne Bours….

Voir le site : home.base.be/desmaele51 remis à jour en 2012,et qui sera remanié en 2013, pourra vous aider à trouver de bonnes références sur ces différents sujets. Nous vous invitons à vous orienter vers ces sources trop peu connues. Depuis 1966, et durant ses visites aux USA, G. DS. a rassemblé une documentation sur le banjo. Une partie de celle-ci a été déposée au MIM (catalogues, exemples de périodiques…).

Elle sera prochainement accessible au musée.

Gérard De Smaele

(ceci est le texte de présentation de l’émission Le Monde est un Village du 15/1/13

(paru dans le Canard Folk de mard 2013)